La grande modernisation des agricultures des années 60 en Europe et des années 70 dans les pays en développement s’est faite sur la base de l’amélioration variétale des plantes cultivées (blé, riz, maïs, coton, betterave, cacao, café, palmier à huile, agrumes…). Le « paquet technique » accompagnant cette amélioration génétique était destinée essentiellement à permettre l’expression des hautes capacités productives des plantes et animaux sélectionnés (engrais et soins phytosanitaires pour les plantes, alimentation riche et protection vétérinaire pour les animaux). On peut dire que la transformation du milieu était mise au service des capacités de rendement physique des plantes sélectionnées.
Dans le cas de l’agriculture écologiquement intensive, ce qui est visé est beaucoup plus l’adaptation réciproque des plantes et des milieux. On recherchera par exemple tout autant le rendement d’une plante cultivée que son adaptation à un climat pouvant connaître des cycles secs, ou bien résistant à un parasitisme tellurique important. Les choix concernant la génétique des plantes et des animaux sont donc beaucoup plus liés à l’écologie des lieux de production. Ils font donc beaucoup plus appel à la diversité génétique.