Atelier 2 : Coordination des eaux et bassins versants

Intervenants de l'atelier :
  • Damien Craheix, chargé de veille, financement et suivi de projets innovants chez Triskalia présente le projet "Protect eau" (son diaporama)
  • Jean-Noël Gachet témoigne d'un projet en cours pour l’amélioration de la qualité de l’eau à Cholet, avec des aménagements à l’échelle du sous bassin versant (son diaporama)


Le parcours physique de l’eau dans un bassin versant part des pluies, du ruissellement dans les parcelles et les sols urbanisés pour aboutir dans le réseau hydrographique ou en dehors (crues exceptionnelles). Il comprend l’infiltration dans les nappes et la résurgence . L’eau est stockée dans des réservoirs naturels et artificiels. Elle est puisée pour des besoins urbains et industriels et est traitée dans un circuit spécial. L’agriculture en utilise une partie pour l’irrigation, dont une part retourne à l’infiltration.

Les flux de ce circuit sont perturbés de différentes manières :
  • Perturbation de l’albédo local entraînant une variabilité accentuée des pluies
  • Ruissellement du au travail du sol et à l’urbanisation entraînant de l’érosion
  • Réduction de l’infiltration en conséquence, et réduction des capacités d’irrigation
  • Concurrence entre usages en cas de pénurie
 
L’agriculture et l’élevage peuvent contribuer à une amélioration par les moyens suivants :
  • Favoriser l’infiltration à l’amont des bassins versants, dans les pentes et dans les zones d’infiltration facile, par des bosquets, des haies, des prairies, du travail du sol parallèlement aux courbes de niveau
  • Agriculture de conservation des sols
  • Aménager les berges de cours d’eau pour accélérer ou retarder les flux
  • Etablir des retenues
 
Par ailleurs, le circuit des eaux est aussi celui que suivent les pollutions agricoles (phytosanitaires, engrais, effluents). Ces pollutions font l’objet de réglementations.

Les conséquences sur les droits des exploitants peuvent être importantes (cultures permanentes nécessaires, emprises d’infrastructures…). Soit cela donne lieu à la reconnaissance d’un coût et d’avantages pour chaque exploitation, soit on reconnaît un coût d’ensemble et des avantages d’ensemble. La logique écologique voudrait que l’aménagement s’applique à tous et que soit reconnus coûts et avantages pour chacun de la nouvelle régulation des flux. En théorie, tous les bénéficiaires du bassin versant et en aval de celui-ci, devraient alimenter un fond destiné à redistribuer le montant des dommages pour ceux qui les subissent.

Le changement climatique, dans le cadre de sa composante « politique publique d’adaptation » devrait inciter à repenser les schémas d’aménagement des eaux et les schémas de prise en compte des avantages et des dommages afin de redistribuer les gains et pertes entre les différents acteurs.


Atelier animé par Bernard de la Morinière, agriculteur et administrateur de l'association AEI