Non. C’est avant tout une démarche transversale, un mouvement libre et ouvert, vers des pratiques agricoles qui assurent à la fois durabilité et productivité. L’association AEI est un espace de dialogue, d’échange de pratiques, d’information, de débat, à la fois sur les pratiques et les techniques propres à répondre aux enjeux d’aujourd’hui, et sur le contexte socio-économique qui permettrait d’assurer la durabilité et la viabilité économique de tels systèmes d’exploitation.
L’AEI ne se situe pas sur le même plan. Toutes les agricultures qui visent une meilleure gestion et protection des ressources naturelles, et/ou une approche multifonctionnelle de l’agriculture, qui cherchent à concilier écologie, économie, enjeux territoriaux et sociaux, vont dans le sens d’une agriculture durable et sont à encourager.
L’AEI n’est pas concurrente de ces différents réseaux, et se donne plutôt pour mission de créer des passerelles et des synergies entre eux, de mieux faire connaître leurs atouts et leurs approches innovantes, à l’intention d’abord de la majorité d’agriculteurs qui n’en sont pas (encore) membres.
La voie de la transgénèse, pour mettre au point des semences de plantes résistantes aux maladies, à la sécheresse, aux ravageurs…est encore assez futuriste et rencontre de nombreuses difficultés : résistances biologiques des maladies et ravageurs, évaluation à parfaire des risques éventuels pour l’environnement et la santé, coût élevé, monopole de quelques firmes et questions liées au brevetage, vive opposition de la société civile européenne…Les OGM ne peuvent constituer une alternative complète et solide en l’état, et risquent fort d’être difficilement praticables à grande échelle sur le continent européen pendant plusieurs années.
Mais cela ne doit pas empêcher pour autant la recherche de se poursuivre, dans un cadre mieux maîtrisé et plus en phase avec les attentes de la société.
Non. L’association veut au contraire susciter échanges et débats, de façon décloisonnée, entre tous les acteurs qui s’intéressent aux grands défis de l’agriculture et de l’alimentation au XXIième siècle : les agriculteurs au premier chef, les chercheurs, les enseignants, les étudiants, les acteurs économiques, les élus, les citoyens-consommateurs, les intellectuels…
Nous avons besoin avant tout d’intensifier l’intelligence collective, pour mettre en œuvre l’agriculture de demain, capable de produire une alimentation variée et saine en quantité suffisante, et de rendre les services écologiques essentiels à la pérennité des activités et de la vie humaine sur notre planète.